‘‘ Un traitement judiciaire d’exception dans l’affaire de l’islamologue suisse ’’

 

L’égalité devant la loi, ne signifie pas toujours égalité devant le juge


L’affaire du théologien suisse Tariq Ramadan, donne tout lieu pour s’interroger et se poser des questions sur la manière dont la procédure et principes pénaux sont pilotés par les hautes instances.
Dans cette affaire, une affaire plutôt classique, le nombre important de magistrats est étonnant. Bien plus souvent, seul un juge unique est désigné pour des affaires criminelles nettement plus compliquées et plus lourdes, impliquant plusieurs suspects et des réseaux entiers de délinquants.
Aurait-on donc besoin d’autant de juges pour sonder le dossier de l’islamologue.
Le plus intrigant, est que la mise en détention de ce dernier, une décision fermement prononcée pour le Procureur de la République au terme de sa période passée en garde à vue et ordonnée aussi par le Juge des Libertés et de la détention semble avoir comme motif principal, l’article 144 du code de procédure pénal portant sur les intérêts extérieurs.
Cette disposition procédurale, bien connue auprès des juristes, prévoit que le recours à l’encellulement d’une personne ne vient qu’au dernier moment si réellement aucune autre mesure ne se présente envisageable. Ce n’est qu’avec l’impossibilité de convoquer le mis en cause ou encore de le placer sous surveillance (par différents procédés), que le juge arrive à ordonner en dernier lieu le maintien en détention provisoire de quelqu’un puisqu’à ce niveau de la procédure, il a le droit de bénéficier de la sainte règle de présomption d’innocence.
C’est pour ainsi dire, que la mise en détention de Tariq Ramadan ne s’explique que par l’intention de remédier aux manques de fondement dans les témoignages des plaignantes qui se révèlent insuffisants.

Les soutiens dénoncent une sévérité du traitement


Le 21 février dernier, sur le site web d’information, Mediapart, dirigé par Edwy Plenel, un texte co-signé par plus d’une cinquantaine de personne a été mis en ligne, pour dénoncer notamment une sévérité du traitement judiciaire et médiatique dans l’affaire de l’islamologue Tariq Ramadan.
Les signataires ayant signé cet écrit, expriment leur refus d’une éventuelle instrumentalisation en rapport avec la lutte contre les sévices infligés aux femmes.
Parmi les signataires ayant venu au secours du théologien, une multitude de militants et grandes personnalités sensibles à cette affaire telle que la militante franco-algérienne dans le domaine politique Houria Bouteldja, connue pour ses prises de position et implications au sujet des indigènes de la République.
Même après avoir affirmé qu’il souffrait d’une sclérose en plaques ainsi que d’une autre neuropathie périphérique, la cour a jugé compatible l’état de santé de l’intellectuel suisse avec son maintien en détention, une décision que proteste fortement la défense de l’accusé.
En outre, les nombreux signataires estiment que l’islamologue a été condamné et jugé coupable avant même le début de l’enquête judiciaire par la presse médiatique et d’autres adversaires en guerre contre ses positions religieuses et politiques.
Le présumé voit son droit à la présomption d’innocence entièrement bafoué, indiquent les signataires, qui estiment d’un autre coté qu’il ne bénéficie pas d’une procédure judiciaire équitable, impartiale et régulière.